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La BMW 507 de John Surtees

Les voitures anciennes ont souvent des histoires à raconter. L’histoire de cette voiture mérite un détour.

En 1955, le principal importateur de voitures allemandes aux Etats unis s’appelle Max Hoffman. Il a convaincu Mercedes de mettre au point et commercialiser ce qui deviendra la 300 SL, avec succès . Il tente la même démarche avec BMW.

BMW 503

Sur la base de la BMW 503, un coupé et découvrable de bonne facture, mais pas très « glamour », déjà élaboré par Albrecht von Goertz. Le designer jette sur la planche à dessin un roadster époustouflant,  un vrai miracle sur roues. De la proue à la poupe, les lignes de cette voiture sont magnifiquement expressives. La face avant perd son « double haricot » emblème traditionnel de la calandre BMW depuis des lustres, au profit d’une grille étirée de part et d’autre de la ligne médiane, pouvant suggérer une bouche de squale dont les crocs affutés semblent  prêts à mordre. Le vaste capot plongeant, enchâssé entre les ailes galbées, se  prolonge jusqu’au pare-brise panoramique. Une fine nervure est moulée  au dessus de l’arche de roue, jusqu’au milieu de la portière, artifice de style qui suggère une ligne de ceinture plus basse. Au niveau de l’arche de roue arrière,  l’aile est pourvue d’un décrochement qui contribue encore au dynamisme de l’ensemble. L’arrière se referme sur un coffre en forme de trapèze souligné d’un fin pare-choc chromé.

Trop coûteuse à produire, donc d’un prix de vente prohibitif, le marché aura rapidement raison de son succès commercial.  En trois ans, il ne sera produit que 252 exemplaires de la belle allemande, alors que Mercedes produira 1858 roadsters 300 SL de 1957 à 1963.

Aujourd’hui, c’est une toute autre histoire. Les exemplaires survivants et en bon état son rares. Un exemplaire dans son état d’origine parfaitement conservé est exceptionnel. Si, en plus, cette voiture a appartenu,  depuis son origine, au même propriétaire, coureur automobile, mutiple champion du monde à moto et de F1, cela devient l’exception de l’exceptionnel !

Ici commence l’histoire de notre allemande exceptionnelle.

John Surtees a acquis la voiture en 1957, après avoir gagné le championnat du monde motocycliste 500 cc sur MV Agusta. Il l’avait repérée sur le circuit de Hockenheim entre les mains de l’ing. Alexander von Falkenhausen. Un essai sur route sera déterminant. Enthousiaste, le pilote proposera au comte Domenico Agusta de lui offrir la voiture comme le cadeau promis pour son titre de champion du monde sur sa moto MV Agusta. Le comte refusa mais lui promis de payer la moitié, et le solde sur ses primes de vainqueur.

Le modèle reçu ne correspondant pas tout à fait au modèle testé avec von Falkenhausen à Hockenheim, l’usine BMW reprend la voiture pour donner plus de « souffle » au moteur V8  3,2l. et 150 CV, et fait monter 4 freins à disque Dunlop.

C’est avec cette 507 reconfigurée que John Surtees se rendra à Marenello pour signer son contrat de pilote chez Ferrari. Le « Commendatore » ne pouvait imaginer  que l’un de ses coureurs puisse conduire autre chose qu’une Ferrari. Il lui en attribua donc une, dont le prix fût prélevé sur sa fiche de paie. C’était aussi ça, Enzo Ferrari.

La maison de vente Bonhams proposera aux enchères, lors de sa vacation du Festival Of Speed de Goodwood, le 13 juillet 2018, la BMW 507 qui fût la propriété de John Surtees, jusqu’à son décès le 10 mars 2017 à Londres à l’âge de 87 ans.

L’estimation a été fixée aux environ de 2’000 000 €.

En 2014, déjà, la maison spécialisée canadienne RM Auction, avait vendu un modèle identique, mais au pedigree moins illustre, pour 1’750 000 €.

Sources: Road & Trak – MotorLégend – Wikipedia

Photos: Bonhams

Synthèse: F.Mamin

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